Vous êtes nombreux à vous interroger sur les métiers des plantes médicinales. Je reçois souvent des questions sur la reconnaissance de la profession d’aromathérapeute, mais aussi sur les formations pour devenir phytothérapeute ou herboriste en toute légalité.

Voici un article qui, je l’espère, vous permettra d’y voir plus clair et de savoir, notamment, ce qu’est un naturopathe, que fait un phytothérapeute ou quels sont les critères à vérifier avant de suivre une formation en aromathérapie.

1. Naturopathe

Qu’est-ce que la naturopathie ?

La naturopathie consiste à utiliser un large éventail de méthodes naturelles visant à renforcer les défenses immunitaires et corriger les défauts d’hygiène de vie.

Qui pratique la naturopathie ?

Le naturopathe, anciennement appelé hygiéniste, est celui qui pratique la naturopathie. Il s’agit d’un praticien qui, sur la base d’un bilan de vitalité, conseille une amélioration de l’hygiène de vie (nutrition, activité physique…) ou le recours à certaines méthodes de médecine non-conventionnelle (aromathérapie, hydrologie, luminothérapie…).

Formation et pratique du naturopathe

Il n’existe aucun diplôme d’Etat de naturopathe. Par contre, une formation de “conseiller en naturopathie” est enregistrée au RNCP. Il existe également une association, la Fédération Française des Écoles de Naturopathie, qui garantit la qualité de certaines formations en naturopathie. Enfin, quelques établissements scolaires disposant de la certification ISO proposent des formations en naturopathie.

Si certains pays européens tels que l’Allemagne ou la Suisse ont créé une réglementation définissant les contours de la profession de naturopathe, il n’en va pas de même en France. Le naturopathe doit donc être prudent et limiter son intervention à celle d’un conseiller en hygiène de vie. Il lui est interdit de poser un acte médical tel que le diagnostic (remplacé par le bilan vital ou la diathèse, par exemple), la thérapie ou la prescription. Il ne peut pas non plus interférer avec un traitement médicamenteux en cours.

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2. Herboriste ou herbaliste

Qu’est-ce que l’herboristerie ?

L’herboristerie consiste à préparer et vendre des plantes médicinales et des remèdes naturels ayant des vertus thérapeutiques ou de bien-être.

Qui pratique l’herboristerie ?

Il s’agit de l’herboriste, parfois appelé herbaliste. Mais ce métier n’est plus reconnu en France depuis 1941. Seules les personnes ayant obtenu le diplôme officiel d’herboriste avant cette date peuvent légalement revendiquer ce titre. Autant dire qu’ils ne sont plus très nombreux.

Des formations en herboristerie existent toujours, mais en l’absence de titre officiel, les fonctions de l’herboriste sont limitées. Originellement, il avait un rôle de conseil sans responsabilité de diagnostic. Il pouvait donc recommander l’usage de certaines plantes à ses clients ainsi que le mode d’utilisation le plus approprié (décoction, infusion, cataplasme…). Ce n’est en principe plus le cas aujourd’hui. Celui qui commercialise des plantes dans un but thérapeutique en-dehors d’une pharmacie s’expose à des poursuites pour exercice illégal de la pharmacie, comme ce fut le cas pour deux herboristes parisiens en 2016.

Comment devenir herboriste ?

Il n’existe plus de diplôme d’Etat d’herboriste. Néanmoins, les formations en herboristerie sont nombreuses. La Fédération Française des Écoles d’Herboristerie est probablement l’initiative la plus aboutie en ce sens qu’elle regroupe cinq écoles partageant des valeurs communes et œuvrant à la réhabilitation du métier d’herboriste en France. Aucune des formations en herboristerie n’est inscrite, à ce jour, au RNCP.

L’herboriste qui n’est ni médecin ni pharmacien doit se limiter à vendre les plantes médicinales dont la vente libre est autorisée, comme dans les boutiques bio par exemple. Certaines plantes sont exclusivement réservées à la vente en officine. S’il peut renseigner sur les propriétés des plantes qu’il vend, dans la limite des allégations autorisées, il ne peut en aucun cas conseiller l’usage d’une plante dans un but thérapeutique.

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3. Phytothérapeute ou conseiller en phytothérapie

Qu’est-ce que la phytothérapie ?

La phytothérapie consiste à utiliser l’ensemble des parties d’une plante (racines, fleurs, feuilles…) sous des formes variées (tisanes, huiles essentielles, gélules…) afin de soigner, de prévenir les maladies ou d’améliorer le bien-être d’un patient.

Qui pratique la phytothérapie ?

Le phytothérapeute

Le phytothérapeute est un professionnel de santé ayant suivi une formation complémentaire en phytothérapie. Dans ses prescriptions, il privilégie le recours aux plantes médicinales afin de traiter la pathologie diagnostiquée, mais peut également recourir aux médicaments allopathiques conventionnels, naturels ou chimiques, s’ils sont plus adaptés.

Le conseiller en phytothérapie

Une personne formée à la phytothérapie n’ayant pas de diplôme de professionnel de la santé certifié par l’État n’est pas phytothérapeute. Il s’agit plutôt d’un spécialiste en phytothérapie dont l’action est limitée à un rôle de conseil. En l’absence de titre officiel, il peut prendre la qualification qu’il souhaite, à l’exclusion de “phytothérapeute” qui comporte une dimension de soin incompatible avec l’absence de diplôme médical.

Comment apprendre la phytothérapie ?

De nombreuses écoles et universités proposent des formations en phytothérapie. Certaines formations universitaires ne sont ouvertes qu’aux personnes ayant préalablement suivi une filière médicale (médecin, pharmacien, kinésithérapeute….). D’autres, universitaires ou non, sont ouvertes à tous. Certains de ces établissements ont la certification ISO.

Dans tous les cas, ces formations ne donnent aucun statut particulier vu que le métier de phytothérapeute n’est pas officiellement reconnu en France. Ces formations servent donc avant tout à développer une expertise ou à la valider.

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4. Aromathérapeute ou conseiller en aromathérapie

L’aromathérapie, c’est quoi ?

L’aromathérapie est une branche de la phytothérapie qui se distingue par l’utilisation exclusive des extraits aromatiques des plantes, essentiellement les huiles essentielles, dans une perspective thérapeutique, prophylactique ou de bien-être.

Qui pratique l’aromathérapie ?

Comme pour les autres professions utilisant les plantes médicinales, il n’existe aucun titre officiel pour l’aromathérapie. Il faut donc, une nouvelle fois, faire une distinction entre les personnes autorisées à pratiquer des soins (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes…) et les autres.

L’aromathérapeute au sens strict est avant tout un médecin qui a suivi une formation complémentaire en aromathérapie. C’est son statut de médecin qui l’autorise à traiter une maladie en recourant à un diagnostic préalable et à la prescription d’un traitement, éventuellement à base d’huiles essentielles.

huiles essentielles metiers

Qu’en est-il de ceux qui pratiquent l’aromathérapie, avec ou sans formation, sans diplôme d’État ? Ils peuvent prendre le titre qu’ils souhaitent, à l’exception d’aromathérapeutes, en restant conscients que ce titre n’a pas de valeur officielle et qu’ils ne peuvent pas soigner à l’aide des huiles essentielles, mais informer sur leurs propriétés et leur utilisation.

Comment se former à l’aromathérapie ?

De nombreux cursus en phytothérapie incluent un enseignement en aromathérapie. Il existe également des formations, universitaires ou non, exclusivement dédiées à l’aromathérapie. Pour l’instant, aucune de ces formations n’est enregistrée au RNCP. Par ailleurs, les formations en aromathérapie proposées par des établissements certifiés ISO font toujours partie d’un programme en phytothérapie.

Il est important de privilégier les formations dont l’objectif est d’utiliser les huiles essentielles en toute autonomie, en connaissant leurs propriétés sur le corps humain et les règles de réalisation des synergies. Mieux vaut éviter les formations consistant en une série de recettes prêtes à l’emploi, qui pourraient avoir des effets bénéfiques pour une personne et désastreux pour d’autres. Il est également essentiel de déterminer les raisons pour lesquelles on se forme : utiliser les huiles essentielles au quotidien, devenir aromathérapeute ou conseiller en aromathérapie ou proposer une approche complémentaire au sein de son métier (infirmier, vétérinaire, kiné).

Une personne formée à l’aromathérapie, quelle que soit la durée et la qualité de sa formation, ne peut pas se déclarer aromathérapeute si elle ne dispose pas d’un diplôme médical. Cela a des conséquences pratiques :

  • l’aromathérapeute, grâce à son expérience et à sa formation en médecine classique, est capable d’établir un diagnostic et de prescrire l’usage d’huiles essentielles et/ou de médicaments allopathiques en vue de guérir le patient ;
  • le conseiller en aromathérapie n’a pas la formation nécessaire pour établir un diagnostic ou prescrire un traitement. Il doit donc se limiter à un rôle de conseil. Il peut avertir et informer ses interlocuteurs sur les propriétés des huiles essentielles, informer de leur utilisation pour soulager les maux du quotidien ou améliorer le bien-être.

5. Producteur ou distillateur de PPAM

Producteur et distillateur de PPAM, c’est quoi ?

Il s’agit d’un métier moins connu, mais indispensable : producteur ou distillateur de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM). Il s’occupe du processus de production et de cueillette des plantes. Il doit respecter des normes, notamment s’il est spécialisé dans l’agriculture biologique.

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Il intervient également dans leur conditionnement et leur transformation en respectant des procédés et critères de qualité stricts. Selon le procédé de transformation, les PPAM seront utilisées en herboristerie, en aromathérapie, en allopathie, pour la fabrication des parfums… Grâce à la distillation, il est possible d’obtenir des huiles essentielles, mais aussi des eaux florales ou des élixirs floraux.

Comment se former à la production et la distillation de PPAM ?

Les chambres d’agriculture proposent de nombreuses formations courtes sur des thématiques précises permettant d’apprendre les principes de la gestion d’une exploitation agricole ou de se former à la production et la cueillette des PPAM.

Il existe également des cursus, plus longs, spécialisés dans l’apprentissage de la production et la transformation des plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Ces cours sont proposés par de nombreux établissements scolaires, publics ou privés. Une de ces formations est enregistrée au RNCP.

 

Ce tour d’horizon des métiers des plantes médicinales fait apparaître un constat : il n’existe aucun cadre légal en France. Cela engendre une insécurité tant pour les praticiens que pour les patients. Les conseillers et praticiens recourant aux plantes médicinales doivent donc avant tout faire preuve de prudence et d’une éthique rigoureuse. Les patients doivent redoubler de vigilance lorsqu’ils choisissent un praticien.

Plante Essentielle a le projet de mettre à disposition les coordonnées des praticiens sérieux ayant suivi son cursus de formation et à même d’apporter des conseils de qualité aux personnes désireuses de prendre soin de leur santé et de leur bien-être.

De façon générale, les propriétés thérapeutiques des plantes, en particulier des huiles essentielles, sont reconnues par la science. Que l’on soit médecin ou non, qu’on les utilise à titre professionnel ou non, il est essentiel d’en connaître les caractéristiques, leurs indications, leurs contre-indications et les risques d’interaction avec d’autres traitements. On doit donc veiller à choisir des sources d’information fiables, et le cas échéant, à suivre une formation adaptée à nos besoins.

Vous êtes à la recherche d’une formation vous permettant d’utiliser les huiles essentielles en toute autonomie ? N’hésitez pas à consulter mon catalogue de formations !

 

 

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    11 replies to "Les métiers des plantes médicinales"

    • Roselyne

      bonjour
      très complet
      Avez vous la source (texte de loi) qui restreint le terme “aromathérapeute” ou “phytothérapeute” aux médecins svp? Je cherche bcp en ce moment et je ne trouve rien. Le terme thérapeute n’étant pas protégé.
      Merci par avance

      • Plante Essentielle

        Bonjour Roseline,

        Les choses ne sont pas aussi claires. La législation actuelle permet à des non médecins et des non pharmaciens de vendre plantes et HE, et de les conseiller, à condition de ne pas conseiller de plantes médicinales sous monopole pharmaceutique, ni de pratiquer l’exercice illégal de la médecine en diagnostiquant des maladies ou en utilisant des allégations santé relevant de l’exercice médical. Le délit d’exercice illégal de la médecine est prévu et réprimé par les articles L4161-1 à L4161-6 du Code de la santé publique. Il est constitué dès lors qu’une personne pose un diagnostic ou traite une maladie sans avoir le diplôme requis pour être médecin, chirurgien-dentiste ou sage-femme.

        Sinon, c’est le code de la santé publique (CSP) qui réglemente la préparation et la vente au détail des plantes médicinales et des médicaments qui en contiennent 2 . Selon l’article L. 4211-1, 5°, « la vente des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée » est réservée aux pharmaciens.

        Par dérogation, le décret n° 2008-841 du 22 août 2008 a libéralisé 148 plantes médicinales de la pharmacopée, qui peuvent être vendues « par des personnes autres que les pharmaciens », et qui ont également pour la plupart un usage alimentaire et/ou condimentaire reconnu. Elles doivent être vendues sous la forme décrite dans le décret (majoritairement « en l’état » et quelquefois sous forme de « poudre » ou d’« extrait sec aqueux ») et sans être mélangées.

        Bonne journée

        • Roselyne

          merci pour votre réponse détaillée. Vous confirmez mes lectures. Donc si un phyto/aroma thérapeute ne fait pas de diagnostic, il peut bien utiliser ce terme sans être médecin 🙂

          • Plante Essentielle

            Un conseiller en phyto-aromathérapie (et non un phyto-aromathérapeute, terme réservé au médecin) partira du diagnostic du médecin pour proposer un conseil pour soulager et/ou améliorer l’état de santé de la personne qui vient le voir.

    • Philippe BAUDRY

      merci beaucoup pour tous ces renseignements.
      j’apprécie toujours d’avoir ces informations,
      bonne continuation
      Un conseiller en Phytothérapie et Aromathérapie

    • Pascaline

      Bonjour
      Merci pour toutes ces explications intéressantes.
      Je suis infirmière et sur mon lieu de travail jai le droit de l’utiliser puisque j’ai eu une certification. Je n’ai pas besoin de prescription car dans notre décret nous avons le droit de donner des soins de bien etre : aroma veut dire odeur et thérapie : soin donc des soins par des odeurs. De plus en plus d’hôpitaux utilisent les huiles essentielles.
      Bien entendu des protocoles sont mis en place, et accord du patient en veillant au risque allergique ou autre.
      Maís j’aimerais encore avoir des connaissances, c’est pourquoi j’ai découvert votre site et je voudrais suivre vos cours
      A bientot

      • Slina

        Bonjour aromathérapie veut dire odeur certes en grec… mais depuis l’aromatherapie scientifique et médicale a fait de gros progrès
        On sait aujourd’hui chromotyper les huiles essentielles si « odorantes » et on en connaît les composants les plus signifiants (qui sortent de la distillation par entraînement à la vapeur d’eau sous la forme hydrolat en bas et huile essentielle en surface) et ce sont pour l’he des complexes physico chimiques parfois très puissants et toxiques à l’usage (à l’instar d’un grand nombre de molécules issues de la chimie de synthèse). C’est pourquoi toute utilisation d’he a fortiori auprès de public hospitalisé déjà fragilisé, devrait être fait sous la responsabilité d’une personne spécifiquement formée en phyto-aromathérapie. Le double cursus IDE + DU phyto-aromathérapie me paraît devoir être la règle.
        Vous avez un métier si utile et précieux : je ne peux que vous encourager puisque vous êtes éligible à la formation, à vous inscrire pour le DU de l’université la plus proche (10 mois en horaires aménagés pour une formation diplomante, qui vaut vraiment la peine pour être vraiment pro, utile, efficace et sécure dans sa pratique)!!!

        • Cécile MAHE

          Merci Slina, Pascaline nous a effectivement rejoint en formation cette année!

    • Laurent

      Absolument Cécile ! On doit donc veiller à choisir des sources d’information fiables, comme celles que vous prodiguer, soit pour une utilisation des huiles essentielles, de toute façon : Suivre une formation adaptée à nos besoins. Le besoin N°1 étant celui qui épouse la cause sécuritaire, face aux différentes voies d’administration et aux allégations de santé.

    • LAFORCE Brigitte

      ARTICLE SUPER INTERESSANT CECILE, J’ATTENDS LA SUITE.
      Merciiiiiiii

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