A propos de l'auteur, de Plante Essentielle (blog) et de la plate-forme de e-learning: naissance d'un projet aux valeurs humaines et environnementales.

Transmettre le savoir des plantes

Cécile Mahé, une histoire de passion

Cécile Mahé est ingénieure agronome spécialisée en agro-écologie, elle a consacré une partie de sa carrière à lutter contre l'emploi des herbicides et produits de synthèse sur les cultures. Une manière de protéger les plantes et l'environnement bien sûr, mais aussi et surtout la santé des hommes. Des mauvaises herbes aux herbes médicinales, il n'y avait qu'un pas qu'elle a franchi il y a 12 ans, en 2005 en commençant à se soigner par les plantes. Par la suite, lors de ses voyages, en Inde, à Madagascar, elle rencontre des producteurs et des praticiens d'exception qui marquent sa pratique, tout comme les cours qu'elle a suivi auprès de grands spécialistes de l'aromathérapie en France.

Elle partage aujourd'hui sa passion et ce savoir cosmopolite depuis la Martinique sur son blog Plante Essentielle.

 

Quand t'es-tu lancée dans la santé naturelle ?

Je me suis lancée il y a 12 ans de ça quand j'étais encore étudiante. Je me suis réveillée un matin, sûrement encore plus mal en point que les autres matins, et j'ai réalisé que je prenais plus de cachets que ma grand-mère! Dingue quand même lorsqu'on n'a que 20 ans...

J'ai simplement dis STOP et à partir de là j'ai commencé à chercher les solutions par moi-même. J'ai essuyé beaucoup de moqueries sur mes « pisse-mémé » et « remèdes de bonne femme ». J'ai entendu parler de l'effet placebo tant de fois que je n'y faisais même plus attention ! Mais j'ai tenu bon. Car j'obtenais mes premiers résultats sur mon sommeil, le stress, mes problèmes digestifs...

Comment as-tu fais pour ne pas te décourager ?

Ma chance a été de pouvoir tomber par hasard avant d'abandonner comme tant d'autres sur l'association Cap Santé devenue depuis l'Ecole Bretonne d'Herboristerie.

 




 

Pendant quatre ans, j'y ai suivi tous les cours que je pouvais, le week-end et même en semaine en posant des congés. Ca a vraiment amené ma pratique à un autre niveau, et j'ai commencé à pouvoir aider les personnes qui m'entouraient, des collègues, des amis.

 

J'avais les bases de botanique, de physiologie et l'accès aux études scientifiques grâce à ma formation d'ingénieur agronome mais il me manquait... je ne sais pas... un déclic, la confiance, le fait de me sentir moins isolée dans ma pratique aussi. En fait, il me manquait l'essentiel quand j'y repense !

J'ai appris des techniques, des méthodes, les limites aussi. Ca a été mon oasis au terme d'une errance de plusieurs années pour comprendre la phytothérapie. J'adorais la petite salle au rez-de-chaussée d'une maison bretonne typique où avaient lieu les ateliers, les échanges de boutures, les tisanes qu'on dégustaient, toutes ces odeurs qu'on respirait.


"Ca a été mon oasis au terme d'une errance de plusieurs années pour comprendre la phytothérapie."

Ca a été une vraie révélation finalement ! Comment conciliais-tu ça avec ta vie pro ?

Pas très bien en fait. A un moment donné, j'ai fini par remarquer que j'avais de moins en moins de passion pour mon travail. Je me souviens d'avoir dit un jour à une collègue proche de moi un matin au café « j'ai perdu ma petite flamme ». Pourtant j'avais un travail plein de sens sur le papier puisque j'accompagnais les entreprises à mettre en place une démarche responsable, de développement durable, dans le respect des hommes et de l'environnement. Alors que j'adorais en apprendre toujours plus sur les plantes, faire de la cueillette sauvage, composer mes remèdes, quelque chose ne collait pas dans ma vie, comme si j'étais "décalée", à côté de mes pompes. Et ce décalage est devenu de plus en plus insupportable. Aucune plante ne pouvait m'enlever cette angoisse qui s'amplifiait avec le temps et a fini par un burn-out.

 




Tu as aussi beaucoup voyagé, est-ce que ça a joué un rôle ?

A cette époque j'ai eu la chance malgré tout de pas mal voyager avec mes revenus. Dans cette liste de pays que je voulais absolument découvrir, l'Inde a été comme un appel. J'y ai passé un mois en mode sac au dos, à apprendre le lâcher-prise. J'y ai rencontré des personnes qui m'ont marquées, notamment un médecin ayurvédique chez qui j'ai trouvé les plus belles huiles essentielles que j'ai jamais senties, notamment la Rose. Au retour, ça a beaucoup travaillé dans ma tête ! Je voulais me sortir du cul-de-sac dans lequel je m'étais mis avec un boulot qui me correspondait de moins en moins, beaucoup de stress, de déceptions malgré l'énergie dépensée et les promotions... C'est à ce moment là que j'ai créé mon premier blog, « La Sorcière et le médecin ». Je me suis dit que si je faisais concrètement un pas dans la direction de ce qui me plaisait, la vie m'amènerait peut-être des opportunités, quelque chose se passerait. J'avoue que c'était un peu de l'ordre de la pensée magique!



" L'Inde a été comme un appel. J'y ai passé un mois en mode sac au dos,..."


 

Comme une prise de conscience ! Mais que s'est-il passé entre la Bretagne et la Martinique ?

D'une certaine manière ça a fonctionné. Quelques mois plus tard, j'ai pris la décision de quitter mon emploi. En fait, j'aimerai dire que j'ai été assez courageuse pour ça, mais c'était plus comme, un réflexe de survie. Je n'osais pas imaginer faire de ma passion mon métier, et même si j'avais l'envie d'entreprendre, de partager ma vision du monde, de faire une différence, de transmettre, j'ai tellement eu peur de faire le grand saut, j'étais tellement épuisée, que je me suis mise aussitôt à rechercher un autre emploi.

Je suis donc arrivée à la Martinique avec un contrat de volontariat de deux ans dans le domaine agricole. Est-ce un hasard si il s'agit de « l'île aux fleurs » ? Pas sûr...

 




 

Et le projet Plante Essentielle est né en Martinique !

Oui, sur le blog, les plantes tropicales ont remplacé l'ortie et le plantain ! Et puis j'ai lancé mon deuxième blog, « Plante Essentielle » pour pouvoir parler plus spécifiquement des huiles essentielles. J'en parlais déjà sur La Sorcière... mais c'était un peu le fourre-tout avec la botanique, mes billets d'humeur sur l'environnement, les voyages et les médecines traditionnelles.

Les huiles essentielles m'ont toujours fascinées, impressionnées. J'ai des souvenirs toute petite, des odeurs sur la route du Maïdo (Réunion) des alambics en train de fumer leur odeur de Géranium. Les parfums de la vanille, les petits ballotins de vetiver qui étaient à la portée de mes mains d'enfants. Tous ces noms enchanteurs... la Rose et le Santal en Inde... le Bois d'Inde qu'on trouve sur les marchés en Martinique, puis une chance inouïe de pouvoir aller à Madagascar. Le monde entier a semblé comploter pour que je m'attarde sur les huiles essentielles !

 





"Les huiles essentielles m'ont toujours fascinées, impressionnées. J'ai des souvenirs toute petite, des odeurs sur la route du Maïdo (Réunion) des alambics"


Est-ce que c'est ta mission de vie, finalement ?

Je dirais que ça va encore plus loin que le seul partage d'un savoir. Parce qu'il y a des choses qui me choquent énormément dans ce que j'hésite pas à appeler l'industrie des médecines douces. C'est peut être mon métier d'avant, en tant que conseillère en développement durable, ou le fait que ça fait 12 ans que je vois l'évolution... mais je repère d'un seul coup d’œil les magouilles et le greenwashing qu'il y a autour des huiles essentielles. Surtout les huiles essentielles, bien plus que les plantes, les tisanes.

J'ai ce désir qui est ancré en moi de transmettre le savoir lié aux plantes, pour permettre à chacun d'être mieux dans sa vie, ça va vraiment au-delà de la santé, je crois. C'est de retrouver ce lien avec la nature, les plantes, grâce aux médicinales, aux huiles essentielles et de retrouver un état de bien-être qui est notre état de nature. J'ai été longtemps révoltée par les méfaits de l'homme sur l'environnement avant de comprendre que ma mission, justement, n'était pas de protéger l'environnement, mais de protéger les hommes. C'est à nous que l'on fait du mal en réalité, la terre a toujours été là, elle sera là bien après nous, l'enjeu n'est pas là. L'enjeu est humain avant tout. Et je suis persuadée que les personnes qui retrouvent un lien fort avec la nature, un bien-être, une santé grâce aux plantes sont de fait des personnes qui ne vont pas aller piller, détruire, polluer. C'est l'ignorance qu'il faut combattre, c'est elle le véritable danger.

Il faut gratter légèrement à la surface et que chacun puisse retrouver cette conscience en lui, cette confiance en ce que nous offre la nature. Ce n'est pas quelque chose que l'on doit inculquer de force comme on le voit dans certains mouvements écologistes. Il faut juste l'éveiller, et les plantes médicinales sont un merveilleux vecteur pour ça. D'une certaine manière, elles sont des intermédiaires, des passeurs entre nous et la nature. C'est concret, pratique, on peut en faire l'expérience par nos sens, ce ne sont pas juste des discours, des paroles. Pour moi, elles sont une réponse à l'enjeu écologique auquel l'humanité est confrontée. Une réponse parmi d'autres bien sûr...

 

"D'une certaine manière, [les plantes médicinales] sont des intermédiaires, des passeurs entre nous et la nature."

 

Ca va très loin ! Mais finalement tu parles d'industrie des médecines douces, mais il faut bien se procurer les produits, on ne peut pas tous aller les cueillir dans la nature !

Oui, bien sûr ! A condition que ce soient bien des plantes qui nous sont vendues et pas des composés issus de la synthèse chimique. A condition qu'on n'entretienne pas des situations d'exploitation des hommes et de pillage des ressources dans les pays à bas revenus. A condition que les agriculteurs, ceux qui cultivent ces plantes puissent vivre de leur activité !

Aujourd'hui, il y a trop d'abus. Des dilutions, des composés de synthèse, des mélanges, des fraudes, des adultérations sur les huiles essentielles et je me bats aussi contre ça. Je ne suis affiliée à aucune marque, aucun laboratoire et j'en suis fière. Je promeut, comme je le peux les productions de qualité des agriculteurs-distillateurs. Leur travail est formidable. On peut visiter souvent, voir les plantes, la distillation. Il n'y a pas triche quand on achète en direct. Et ça se sent dans le flacon !

Malheureusement, j'aurais beau partager le savoir et la richesse des plantes, si derrière les lecteurs achètent des produits de mauvaise qualité, qui ne sont pas issus des bonnes plantes ou adultérés, ils n'auront pas les résultats escomptés. Le problème est là, dans ce mensonge. Et en l'absence de résultat, c'est le découragement, l'abandon.

 




 

C'est trop dommage ! C'est tellement dommage de passer à côté de ce que les plantes nous offrent à cause de ça.

 

Donc un achat local, en circuit court... c'est aussi très « développement durable », non ?

Oui exactement ! Ca fait partie d'une réflexion globale sur nos modes de consommation et les choix que l'on fait pour demain. C'est un vote, un choix.

Tout comme de choisir de prendre soin de soi par des méthodes plus naturelles, de renoncer petit à petit au chimique pas seulement dans le domaine de la santé, mais aussi de la nourriture, des produits de ménage, de la cosmétique... ça se fait petit à petit. Il n'y a pas besoin de se torturer avec tout ça, ou de se culpabiliser comme je vois beaucoup. Je n'aime pas cette façon de parler des médecines douces, basée sur la peur : peur d'être malade, peur de causer du tort à l'environnement, trop de peur... Alors que dès que vous entrouvrez la porte aux plantes, avant que vous ayez le temps de vous en rendre compte, elles ont envahi tous les domaines de votre vie ! Elles se plient littéralement en quatre ou plutôt se mettent en flacon pour nous aider, nous soutenir. C'est juste de l'amour ça !



" Ca fait partie d'une réflexion globale sur nos modes de consommation et les choix que l'on fait pour demain. "


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Mes formations, diplômes, certificats...

  • BAC Scientifique
  • Diplôme d'Ingénieur agronome de l'ENESAD (Agrosup Dijon)
  • Mastère spécialisé en management du développement durable
  • Auditeur qualité ISO 9001
  • Certificat de praticienne en aromathérapie traditionnelle
  • Certificat- animation de réunion/ formation des adultes
  • Formations non diplômantes:
    • Phytothérapie: Soulager la toux, Corriger les troubles du système respiratoire, Chasser l’allergie, Chasser la migraine, Gestion du stress, Les herbes marines…, Cap Santé
    • Les bases de l’aromathérapie, Cap Santé, Marie-Jo Fourès
    • Réflexologie plantaire, Cap Santé, Chantal Le Saux
    • Les élixirs de Bach, Cap Santé, Marie-Jo Fourès
    • Aromathérapie: le confort digestif, Aroma-zone, Aude Maillard
    • Utilisation des huiles essentielles en cosmétique, Slow Cosmétique, Julien Kaibeck
    • Sorties botaniques

Le lien vers mon CV en ligne sur viadeo pour le détail de mes expériences professionnelles, en toute transparence.