Comme il s’agit de se soigner, il n’est pas question d’acheter une huile essentielle qui contiendrait des pesticides, aurait été trafiquée ou diluée. D’autre part il faut être vigilant sur l’espèce (nom latin de la plante) et le chémotype car selon, elle n’aura pas forcément voire pas du tout les mêmes propriétés et les mêmes indications. 4 points essentiels à prendre en compte: mode de culture, intégrité (100% naturelle, pure, complète), ce qui doit figurer sur l’étiquette, l’odeur.

Je voulais aller plus loin ici en proposant quelques éléments pour aider à choisir ses huiles essentielles. En effet, rien ne sert de respecter les conditions d’utilisation et les précautions évoquées dans mon précédent article si à la base le produit que vous avez acheté est nocif ou non adapté à l’utilisation que vous voulez en faire.

Une huile essentielle doit-elle être « bio » ou pas?

Quand on choisit une huile essentielle, il est important de s’assurer qu’elle est produite dans des conditions respectueuses de l’environnement et surtout sans pesticides. Quel intérêt de se soigner avec un produit poussé aux engrais et chargé en substances nocives pour la santé ?

Pas de pesticides dans une huile essentielle

Certains pharmaciens vous soutiendront que les pesticides ne passent pas dans les huiles essentielles (ce n’est pas une invention, il l’a vraiment fait, me regardant droit dans les yeux et me vendant une marque vendue en parapharmacie dénuée de toute politique en matière d’approvisionnement responsable et de label). C’EST FAUX. Ce sont des pharmaciens, pas des agronomes, on ne peut pas leur en vouloir de croire les commerciaux de certaines marques peu scrupuleuses. Certaines molécules utilisées dans les traitements phytopharmaceutiques peuvent passer dans le produit final dans le cadre du processus de distillation comme l’ont montré de rares études réalisées sur le sujet. Exemple d’une thèse sur le sujet :

“Ce travail a de plus révélé l’importance de disposer d’une telle méthode au regard du nombre de pesticides détectés dans les échantillons et de leurs concentrations relativement élevées. Celles-ci peuvent en effet atteindre des teneurs supérieures au milligramme par litre dans les huiles essentielles analysées.”

Engrais et monoculture bio

On sait que les plantes synthétisent notamment des molécules pour se défendre contre les agresseurs et résister aux contraintes de leur environnement. C’est une des raisons avancées pour expliquer qu’elles contiennent des molécules qui nous soignent aussi. Oui mais voilà, lorsqu’on met en place des hectares de monocultures, quand bien même ce serait en « bio », on leur apporte de l’engrais, on change leur environnement et elles ne vont pas présenter les mêmes propriétés qu’une plante sauvage ou qu’une plante cultivée avec d’autres, au sein d’un écosystème.

 

La certification bio est utile pour s’assurer de pratiques agricoles un minimum respectueuses de l’environnement et des hommes. Cependant, cette certification a un coût que certains petits producteurs ne souhaitent pas ou ne peuvent pas supporter. Ce n’est pas pour autant que leurs pratiques ne sont pas aussi bonnes, voire parfois mêmes meilleures. Par exemple, il y a la cueillette sauvage qui est souvent de très bonne qualité (si elle est faite dans des lieux exempts de pollution et si elle respecte le cycle naturel des plantes). N’hésitez pas à les interroger sur leur métier et à vous approvisionner auprès de personnes de confiance par le biais des circuits courts ! Car la monoculture bio, ça existe, et ce n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux.

Les huiles essentielles trafiquées, frelatées, diluées

Si votre huile essentielle comprend la mention 100% naturelle, cela signifie qu’elle n’est pas dénaturée avec des molécules de synthèse, des essences minérales, des diluants ou des agents émulsifiants. Oui, moi aussi la première fois qu’on m’a dit qu’une huile essentielle pouvait être « trafiquée », je me suis demandé mais pourquoi diable aller trafiquer des huiles essentielles ?!!! Tout simplement pour l’argent. En effet, certains procédés d’extraction malhonnêtes permettent d’obtenir plus de quantité d’huile essentielle, ou alors, il s’agit de diluer l’huile essentielle obtenue pour en avoir davantage, ou encore de synthétiser chimiquement certaines molécules en laboratoire (ça coûte moins cher de faire une huile essentielle synthétique !), ou encore, on ajoute des solvants chimiques synthétiques pour amplifier les odeurs… L’imagination est sans limite quand il s’agit de réduire les coûts.

Or, si l’huile essentielle est réputée pour soigner, les « arômes » synthétisés par l’industrie chimique qui remplacent les composés, eux, n’ont pas cette propriété. Et même ces huiles synthétiques ou falsifiées peuvent causer des éruptions cutanées, des brûlures, des réactions allergiques, de la nausée et des troubles digestifs.

Si c’est pour parfumer votre produit de ménage pour les chiottes, d’accord, c’est pas si grave. Si c’est pour fabriquer des cosmétiques que vous allez mettre sur votre peau ou pour l’ingérer et vous soigner, il est primordial que ce soit un produit d’excellente qualité.

Selon l’association des producteurs de lavande, 100 fois plus ‘‘d’huile de lavande’’ a été exportée de France que la quantité réellement cultivée en France. D’où vient donc l’huile excédentaire? Je vous laisse méditer là-dessus.

 

Vous avez trouvé une huile essentielle pas chère, bon marché en magasin ? Grand bien vous fasse. Il s’agit peut-être d’une de ces huiles essentielles frelatées qui ont pignon sur rue. D’ailleurs, les laboratoires de Ecocert chargés d’attribuer le label « bio » ne sont pas équipés pour identifier ces molécules … Encore une fois, la certification bio ne remplace pas le contact direct avec les producteurs.

 

Les indications qui doivent figurer sur le flacon de l’huile essentielle

Le nom latin doit figurer sur le flacon

Oui, car il n’y a pas une lavande, par exemple, mais des lavandes : lavande fine, lavande vraie, lavande aspic, etc. et parfois on les appelle différemment d’une région à une autre. Donc le nom latin permet de s’y retrouver à coup sûr : Lavandula angustifolia ou Lavandula latifolia ou Lavandula officinalis. Leurs propriétés ne sont pas tout à fait les mêmes.

 

Le chémotype, reflet du « terroir » et de l’origine géographique- le label HEBD/HECT

Les vertus d’une huile essentielle cultivée en montagne avec un fort ensoleillement, ne seront pas les mêmes que celle d’une huile essentielle dont les plantes auront été cultivées en plaine, avec une forte pluviométrie par exemple. Encore plus vrai d’un pays à l’autre. C’est d’ailleurs là la force des produits naturels et les limites de la synthèse chimique. Et parce que ces spécificités ne sont pas de l’ordre d’une appréciation mystique mais se traduisent bien chimiquement, on a donc défini ce qu’on appelle le chémotype. Il indique quel est la principale molécule active dans l’huile.

Exemple du Romarin :

  • Rosmarinus officinalis à eucalyptole a des vertus expectorante (toux).
  • Rosmarinus officinalis à camphre a des vertus de décontractant musculaire.
  • Rosmarinus officinalis à verbénone a des vertus d’hépatostimulant (stimule le foie).

Il est donc primordial de ne pas se tromper. Et pour ça il faut que l’huile essentielle que vous achetez soit « chémotypée ». A minima, il faut savoir d’où elle provient. Toujours dans l’exemple du romarin, on trouve le chémotype à eucalyptole plutôt au Maroc, celui à Camphre dans le Sud de la France, celui à verbénone en Corse… cela demande tout de même de bonnes connaissances !

Heureusement, il y a le label HEBD ou HECT qui garantit que des analyses ont été faites pour s’assurer de la composition de l’huile essentielle et de son chémotype. Oups, ah non, ça c’est pas vrai. En réalité, n’importe quel fabriquant peut apposer ce label et personne ne viendra vérifier le chémotype de son huile essentielle. Encore raté ! Décidément, tous ces labels qui ne servent à rien…

La partie de la plante qui a été distillée

C’est aussi très important, car pour certaines plantes on distille différentes parties (feuilles, fleurs) et elles n’ont pas les mêmes propriétés.

L’odeur et le ressenti vis à vis d’une huile essentielle

Je vais terminer là-dessus, car finalement, c’est le critère le plus fiable. Nous sommes en train de parler d’aromathérapie. Les arômes, l’odeur font partie du soin. Il faut que l’odeur vous plaise, ou au moins qu’elle ne vous rebute pas. C’est un excellent indice de la qualité du produit et de votre réceptivité aux potentiels bienfaits de la plante sur votre corps. Faites confiance à votre nez et à vos sensations ! Croyez moi, lors de mes voyages, j’ai acheté des huiles essentielles sur des marchés, à des producteurs ou revendeurs qui m’ont fait sentir et tester. Ils ont également testé sur eux, en même temps, à même la peau. Ils m’ont parlé du lieu de production, des plantes, de leurs vertus, de leur utilisation. Sur les bouteilles, rien de marqué, juste une étiquette manuscrite avec le nom dans la langue locale. Pourtant, je les considère d’une qualité exceptionnelle avec des vertus thérapeutiques qui me satisfont pleinement, davantage que certaines achetées en pharmacie et dûment étiquetées.

 

 

En conclusion, attention aux huiles essentielles bon marché et aux belles promesses. Vous aurez compris qu’avec la quantité de plantes nécessaires et la concentration du produit, les analyses qui sont censées être effectuées, il est difficile d’avoir un produit de qualité à bas prix… Et puis, à raison d’une utilisation parcimonieuse au goutte à goutte, un flacon de 15 ml qui contient donc environ 300 gouttes peut durer plusieurs années s’il est bien conservé : dans un endroit frais et sec, à l’abri de la lumière. Par ailleurs, pour préserver leurs propriétés, ne jamais toucher l’embout goutte à goutte avec les doigts (pour ne pas apporter de bactéries qui pourraient choisir d’y élire domicile, ou d’éléments qui pourraient dénaturer l’huile) et surtout ne jamais laisser ouvert un flacon d’huile essentielle. Les molécules aromatiques étant volatiles, elles risqueraient de prendre la poudre d’escampette!

Recherches utilisées pour trouver cet article:critere de choix des huiles essentielle indiquee par l aromatogramme ??, quels criteres pour les huiles essentielles

    2 replies to "Les huiles essentielles : comment les choisir ? quels critères de choix à considérer ?"

    • Katarina

      Bonjour, je suis une débutante en aromathérapie. J’ai commandé un diffuseur Young Living avec les huiles essentielles et j’ai commencé chercher les informations pour savoir bien m’en servir. J’ai trouvé votre blog et je l’aime beaucoup. Qu’est-ce que vous pensez de cette marque? Est-ce que leurs huiles sont en bonne qualité?

      • Cécile MAHE

        Bonjour Katarina, je n’ai pas testé par moi-même, mais aux Etats-Unis il me semble que ces marques qui vendent en MLM ont eu quelques scandales… privilégiez les HE de qualité chez les petits producteurs (voir annuaire dans l’onglet shopping, en haut de la page)!

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