Femme enceinte et huiles essentielles : interdites ?

La question des huiles essentielles utilisables pendant la grossesse est une question qui revient régulièrement. Pas facile de se passer de ses huiles essentielles préférées pendant 9 mois et même plus une fois que bébé arrive. Alors, interdites ou pas ?

aromatherapie-grossesse-dosageCe qu’il faut bien comprendre, c’est que les huiles essentielles sont des actifs extrêmement puissants, dont la concentration rassemble l’énergie de plusieurs kilos de plantes dans un litre. Donc, imaginez tous ces principes actifs dans une balance. Sur l’autre plateau, vous mettez un minuscule embryon : au tout tout début, il mesure à peine 1,5mm… il va ensuite grossir, prendre un peu de poids et surtout développer petit à petit tous les organes qui feront de lui un être humain complet.

Mais y a pas comme un truc qui vous choque dans la balance ? C’est ce déséquilibre entre la puissance des huiles essentielles et la vulnérabilité de l’embryon qui en font des produits totalement déconseillés. Car tout ce qui pénètre dans l’organisme de la femme enceinte, se retrouve d’une manière ou d’une autre dans l’embryon. Pour les huiles essentielles, c’est le sang qui joue le rôle de vecteur. Il est clair que l’huile essentielle ne va pas se dire « eh les gars, j’ai repéré un embryon… tous dessus !!! ». Non, évidemment que non, 100% de l’huile essentielle ne va pas se diriger là, mais il y en aura toujours une bonne partie, et ce quel que soit l’endroit où vous appliquez l’huile essentielle. Le sang se charge de la distribuer dans tout l’organisme.

Une fausse interdiction pour protéger les néophytes

C’est pour cette raison que l’on préfère généralement dire aux personnes qui ne maîtrisent pas l’utilisation des huiles essentielles que les huiles essentielles sont interdites pendant la grossesse. On les redirige vers les hydrolats et d’autres solutions naturelles bien plus douces. C’est aussi un moyen pour les sites de vente en ligne de ne pas être responsable d’une mauvaise utilisation et de ses conséquences désastreuses pour le développement de l’embryon puis du fœtus. Et c’est aussi ce que je fais quand on me pose la question entre deux portes : je préfère dire qu’elles ne sont pas autorisées plutôt que de courir le risque de voir une info déformée.

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Mais en réalité, certaines (c’est plus rare pour les messieurs!) d’entre vous s’insurgent : comment ? Les huiles essentielles seraient interdites pendant la grossesse alors que les médecins prescrivent des médicaments ?! Ce n’est pas normal !!! Effectivement, la vérité est plus nuancée et les huiles essentielles (certaines, dans certaines conditions et pour des dosages… certains) peuvent parfois être utilisées. Mais cette utilisation est à évoquer avec le pharmacien et l’obstétricien qui pourront choisir en connaissance de cause une huile essentielle plutôt qu’une autre, ajuster un dosage en fonction du stade de la grossesse ou de son déroulement, être vigilant par rapport à d’autres traitements et leurs interactions. Soyons clairs, dans le cas de la grossesse, je vous déconseille d’employer l’auto-médication en dehors de tout contrôle.

Voici néanmoins quelques éléments de réponse pour celles qui souhaitent malgré tout se débrouiller toutes seules. Je n’insiste pas sur le fait de sélectionner des huiles essentielles d’excellente qualité (…) et de ne pas en faire un usage prolongé. Mais c’est important aussi. Surtout.

Les 5 règles des huiles essentielles pour les femmes enceintes

L’échéance des 3 mois

La quasi totalité des huiles essentielles sont déconseillées sur les 3 premiers mois de la grossesse. Comme je le disais, la taille de l’embryon rend le dosage particulièrement délicat, d’autant plus que ce sont les premiers stades du développement. Après accrochage à la membrane utérine, tout se met en place : le cerveau, les bras, les jambes ; ce n’est pas le moment de provoquer une fausse couche.

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Après les 3 mois, certaines huiles essentielles vont pouvoir être utilisées. C’est le moment où l’embryon laisse place au fœtus.

Bannir la voie orale

On évite d’utiliser les huiles essentielles par voie orale qui est la voie qui présente le plus grand potentiel toxique. On privilégiera la voie cutanée et la diffusion sans oublier que ce sont des voies thérapeutiques : on absorbe aussi des huiles essentielles-certes dans une moindre mesure- quand on les diffuse, quand on les respire.

Jamais de massage de la ceinture abdominale

On ne masse pas le ventre ! Les huiles essentielles se retrouveraient en contact quasi direct avec le fœtus : un peu violent, non ? On privilégiera le massage d’autres zones en cas de besoin : plexus solaire, jambes, pieds, nuque etc.

Les dosages des huiles essentielles (grossesse)

Gardez à l’esprit qu’au bout de 3 mois de grossesse, vous allez administrer, même si ça passe par votre organisme à vous, des huiles essentielles à un petit-être de moins de 10 cm et 50 grammes. Alors que vous, vous mesurez facilement 15 fois plus pour un poids 1000 fois plus élevé. Vous voyez où je veux en venir ? Les dosages devront être adaptés. On tourne autour de 3% maximum.

Les huiles essentielles à éviter

  • neurotoxiques : un danger réel pour le développement du bébé

huile-essentielle-foetusIl s’agit des huiles essentielles abortives. Elles contiennent des lactones et surtout des cétones monoterpéniques (Sauge officinale, Lavande stoechade, Hysope officinale). Dans cette catégorie, on peut également ajouter les éther-oxydes (myristicine de la Noix de muscade, apiole du Persil frisé et de la Criste marine) également abortifs à hautes doses. Ces huiles essentielles sont à proscrire pendant toute la durée de la grossesse.

  • utérotoniques : attention aux contractions

Certaines huiles essentielles qui ont pour propriété d’être utérotoniques sont aussi à éviter pendant la grossesse, mais seront par contre utiles une fois arrivé au terme pour favoriser les contractions : Gingembre, Girofle, Palmarosa et dans une moindre mesure Ylang-Ylang.

  • les huiles essentielles qui perturbent l’équilibre hormonal

Au registre des huiles essentielles dangereuses lors de la grossesse, nous avons également toutes celles qui sont susceptibles de perturber l’équilibre hormonal et donc les huiles essentielles oestrogen-like, avec en premier lieu celles qui contiennent de l’anéthole comme l’Anis, Carvi, Havozo ou le Fenouil. Ce sont les huiles essentielles à l’odeur anisée et qui sont dites « galactogène » (elles favorisent la montée de lait). Elles peuvent néanmoins être intéressantes, vous vous en doutez après l’accouchement !

Sauge sclarée, Sauge officinale, Houblon, Céleri, Cyprès de Provence sont des huiles essentielles oestrogen-like. Elles miment l’action des oestrogènes. On va évidemment les éviter. Mais il y a aussi des huiles essentielles qui vont agir sur la fonction ovarienne, par d’autres moyens comme la Camomille allemande (ne pas confondre avec la Camomille romaine!!!) et la Tanaisie annuelle, et qui vont avoir un effet stimulant comme la Verveine citronnée, la Menthe poivrée, et la Menthe citronnée.

On peut également citer les huiles essentielles à sesquiterpénols et notamment qui contiennent du viridiflorol comme la Sauge officinale et le Niaouli.

Certaines huiles essentielles ont une action plus indirecte sur l’axe hypothalamus-hypophyse (centre de contrôle des glandes endocrines qui produisent les oestrogènes) comme l’huile essentielle de Romarin à verbénone. Et en plus elle contient des cétones.

Les huiles essentielles d’Angélique, d’Aunée (Inula helenium) et de Cajeput sont également citées dans cette catégorie des huiles essentielles oestrogéniques.

Et comme on en oublie forcément, il est plus simple de donner une liste des huiles essentielles autorisées plutôt que d’essayer de lister de manière exhaustive toutes celles qui sont à éviter !

Une liste des huiles essentielles « autorisées » pendant la grossesse

huile-essentielle-autorisee-grossesseVoici une liste, évidemment non exhaustive d’huiles essentielles parmi les moins agressives et qui peuvent être utilisées après le troisième mois de grossesse.

(entre parenthèse, le numéro correspondant à la fiche de l’huile essentielle si je l’ai déjà rédigée, pour vous permettre de vous y retrouver)

Il est possible de l’utiliser à partir du quatrième mois :

  • Bergamote (41)*
  • Bois de rose ou bois de Hô (18)
  • Camomille noble (31)
  • Carotte (29)
  • Citron zeste (2) *
  • Epinette noire (48)
  • Eucalyptus radié (7)
  • Fragonia (26)
  • Lavande fine (6)
  • Lentisque pistachier (42)
  • Mandarine zeste*
  • Myrte verte (51)
  • Néroli (36)
  • Orange douce zeste (15)*
  • Pamplemousse zeste (46)*
  • Patchouli (19)
  • Petit-Grain bigarade
  • Ravintsara (8)
  • Rose de Damas (1)
  • Saro (20)
  • Tea tree (9)
  • Thym à linalol (4)
  • Vetiver (27)

* les essences d’agrumes (zestes) demeurent photosensibilisantes… pas de traitement de faveur pour les femmes enceintes 😉

Ressource utile :

Je vous conseille de suivre des formules rédigées par des médecins aromathérapeuthes, testées, éprouvées, plutôt que de tout réinventer.

Ce livre du Dr Baudoux contient des formules destinées aux femmes enceintes, c’est une excellente référence, mais certainement pas un livre de chevet. Vous n’y trouverez que des formules et des chiffres, pas des images et du blabla. Sûrement un peu difficile pour les débutants et surtout davantage destinés aux professionnels qu’au particulier :

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